blog image
Partagez cet article :

L’astaxanthine, simple pigment ou remède miracle ?

Au cours de la dernière décennie, la forte demande des consommateurs en produits nutraceutiques à visée « anti-âge », a orienté la recherche vers la découverte et le développement de molécules bioactives naturelles. L’astaxanthine est apparu dans plusieurs publications comme une des molécules bioactives naturelles les plus intéressantes pour prévenir les maladies liées à l’âge. Alors, que dit la science à propos de l’astaxanthine, pigment surcôté ou molécule d’intérêt général ?

Carte d’identité de l’astaxanthine

L’astaxanthine est une molécule de couleur rouge-orange intense fabriquée par plusieurs microorganismes marins et d’eau douce (bactéries, levures, champignons et algues). C’est la consommation de ces organismes par le saumon, la crevette, le homard et l’écrevisse qui confère à ces derniers leur couleur rouge.

Son passeport biologique

Sur le plan biologique, l’astaxanthine est considéré comme l’un des antioxydants les plus puissants de la nature, en raison de son fort potentiel de « nettoyage » des radicaux libres dans le corps humain. A titre d’exemple, l’astaxanthine est 100 fois plus efficace que la vitamine E pour protéger de la péroxidation lipidique (1). Elle est environ 550 fois plus efficace que la vitamine E pour neutraliser l’oxygène singulet (2). Outre ses effets antioxydants, l’astaxanthine a montré une activité anti-inflammatoire et anti-apoptotique (3).

Que peut-on attendre de ses effets biologiques ?

L’oxydation, outre son effet sur le vieillissement, est un mécanisme contribuant largement au développement de maladies telles que le cancer, la dégénérescence maculaire liée à l’âge ou encore à la détérioration de la réponse immunitaire et de la fonction des organes. L’inflammation a, quant à elle, un rôle important dans la progression des troubles du système nerveux central. Quant à l’apoptose excessive, elle est associée aux maladies neurodégénératives, aux accidents vasculaires cérébraux ischémiques, aux maladies cardiaques, aux sepsis et aux dysfonctionnements de plusieurs organes. Ainsi, l’astaxanthine pourrait protéger l’organisme contre un large éventail de maladies.

Ses effets dans l’éprouvette et chez l’animal

L’astaxanthine a démontré des effets antihypertenseurs, anti-thrombotiques, anti-cholestérolémiants et anticancéreux, dans des études in vivo (essentiellement chez le rat) et/ou in vitro (3). L’astaxanthine a fait preuve également d’effets biologiques particulièrement intéressants pour la prise en charge de l’obésité, des maladies cardiovasculaires, du diabète, de la douleur neuropathique et des performances sportives. Des effets favorables de l’astaxanthine ont enfin été mis en évidence sur les fonctions hépatique, neurologique, ophtalmologique, osseuse, cutanée et sexuelle.

Et chez l’homme ?

Plus de 65 études cliniques et rapports décrits dans plus de 300 publications scientifiques ont fourni la preuve d’effets favorables sur la santé humaine (3). Les effets les plus cliniquement démontrés de l’astaxanthine (issus d’études cliniques randomisées contrôlées contre placebo) sont :

  • la cardio-protection
  • la diminution de la peroxydation lipidique des membranes cellulaires et de marqueurs du stress oxydatif, amélioration des paramètres lipidiques et diminution de la progression de l’athérosclérose chez des patients en surpoids ou obèses
  • la diminution de l’oxydation des acides gras chez des personnes jeunes en bonne santé
  • l’absence de diminution de la pression artérielle chez des sujets en bonne santé âgés, de 35 à 69 ans
  • la modulation immunitaire : diminution des biomarqueurs de dommages oxydatifs de l’ADN et de biomarqueurs de l’inflammation accompagnés d’une augmentation de la réponse immune chez des jeunes femmes en bonne santé
  • la performance sportive : augmentation de l’endurance musculaire chez des hommes en bonne santé par diminution de la production de créatine phosphokinase (CPK) et augmentation de la diffusion de l’acide lactique
  • l’amélioration de la fonction rétinienne de patients porteurs d’une DMLA
  • l’amélioration du piégeage de l’ion superoxyde chez des patients présentant une cataracte bilatérale
  • l’augmentation de l’amplitude d’accommodation de travailleurs utilisant un écran
  • l’absence de toxicité chez des adultes en bonne santé.

L’AVIS DE KALYA
Molécule bio-super-et-multi-active, l’astaxanthine présente un intérêt certain pour la recherche clinique et ce, dans de nombreux domaines. En thérapeutique, cette molécule présente, à la lueur de plusieurs études, un profil sécuritaire et des bénéfices biologiques non-négligeables. Cependant, il manque des études de grande ampleur étudiant des critères de jugement pertinents, pour conseiller la prise de ce pigment en complément alimentaire. Pour étudier des paramètres de santé cliniquement pertinents, il faut du temps… pas sûr que l’astaxanthine devienne tout de suite le produit superstar des patients.

Sources :


1. Yamashita E. Let astaxanthin be thy medicine. 2015 [cité 24 oct 2019]; Disponible sur: https://pubag.nal.usda.gov/catalog/5445752
2. Shimidzu N, Goto M, Miki W. Carotenoids as Singlet Oxygen Quenchers in Marine Organisms. Fish Sci. 1996;62(1):134‑7.
3. Fakhri S, Abbaszadeh F, Dargahi L, Jorjani M. Astaxanthin: A mechanistic review on its biological activities and health benefits. Pharmacol Res. 2018;136:1‑20.